Septembre... J'aborde l'automne, chaque année, avec une certaine nostalgie. Le soleil et la chaleur qui filent, les vacances qui sont déjà choses du passé, l'envie de les retenir encore... Et avec le temps plus frais vient l'envie de me réchauffer. Pour le corps, il y a toujours les lainages... Pour l'âme... Pour l'âme, je pense souvent à Claude...
Mon corps se rappelle encore avec un émoi certain cette nuit où il est passé dans mon lit. Passage fugitif qui continue de m'émerveiller, malgré le temps qui passe. Comme une comète qui déchire le ciel de son éclatante beauté l'espace de quelques heures, les souvenirs que je garde des courts instants où j'ai frémi sous ses mains sont vifs et brillants.
C'était la première fois - et, jusqu'à ce jour, ça demeure la seule - que j'étais avec un homme plus grand que moi. Et quand on a passé sa vie à vouloir être plus petite, quand on a toujours eu l'impression d'être trop grosse pour les bras qui étreignent, on s'abandonne volontiers à l'impression qu'enfin, les bras qui sont ouverts sont à sa mesure. Pour la première fois de ma vie, je me suis sentie femme. J'ai senti mon corps aussi fragile que l'âme qu'il abrite, et c'était un immense soulagement de sentir tout mon être en harmonie. Soulagement de ne plus avoir à faire semblant d'être forte. Pouvoir enfin lâcher prise.
Et dans ses grands bras d'homme, j'ai vraiment lâché prise. Ses bras, ils étaient forts. Forts, parce que mon corps a rué, s'est cambré, s'est arqué sous le plaisir incessant qu'il y faisait naître. Forts, parce que d'une main, il me gardait plaquée contre le matelas, et j'ai eu beau me débattre, demander grâce, faire jaillir mon plaisir, il était intransigeant, me maintenant fermement en place, sous l'assaut répété de ses doigts dans mon sexe.
Je ne sais plus combien de fois j'ai pu jouir ainsi, m'abandonnant complètement... Pendant quelques heures, je ne m'appartenais plus, mon corps lui était totalement soumis. Et j'ai beau essayer, mes mots ne rendront jamais justice à la chaleur, à l'intensité, à l'énergie et à la pureté du plaisir que j'ai vécus avec lui. Son passage dans ma vie demeure encore, à ce jour, un de mes souvenirs sensuels les plus chauds...
Je te cherche.
Dans mes draps froissés qu'il délaisse parfois, je te cherche.
Dans mes bras ouverts qui se referment trop souvent sur du vide, je te cherche.
Dans ses mains trop petites, je cherche tes doigts.
Ceux que tu faisais papillons sur ma peau frémissante.
Ceux qui couraient sur mon corps et qui laissaient derrière eux, comme un sillon, des frissons si agréables.
Ceux qui glissaient en mon antre pour y faire couler un miel si doux. Un miel dont je cherche à retrouver l'envie, maintenant que tu n'es plus là ...
Dans ses caresses qui manquent de finesse, je cherche ta tendresse.
Il me touche, et je rêve à toi. Je repense à la sensation de tes mains sur ma peau, cette sensation si enivrante et enveloppante et je trouve ses mains malhabiles, un peu rudes.
Je ferme les yeux et j'invente un monde où l'homme dans mon lit, c'est toi... Un monde où le silence est déchiré de soupirs et d'halètements, de râles et de grognements... Un monde où je deviens chienne et où j'abandonne toute pudeur. J'invente un monde où il est possible de faire l'amour une deuxième, puis une troisième fois.
J'invente l'univers des possibles.
Je te cherche, pour faire renaître cette femme sensuelle et charnelle que je devenais dans ton lit. Pour réapprendre l'envie et le plaisir de sentir le désir enfler en moi. Pour recommencer à respirer, enfin...
Lorsqu’elle était rentrée, elle avait trouvé un billet sur le lit :
« Prends une douche et prépare-toi. Ce soir… »
Amusée et intriguée par les possibilités laissées par les points de suspension, elle entreprit de se dévêtir, puis passa sous la douche, laissant l’eau chaude laver la fatigue de cette journée. Elle exfolia sa peau, s’assura de la qualité de son épilation, se savonna… Elle serait parfaite.
Lorsqu’elle sortit de la salle de bain, de longues minutes plus tard, elle était coiffée et la beauté de ses traits était habilement rehaussée par un maquillage discret et de bon goût. Elle se dirigeait vers la penderie quand elle vit une boîte sur le lit. Cette boîte n’y était pas quand elle s’était glissée sous la douche…
Étrange… Son homme avait dû rentrer pendant qu’elle se lavait. Elle tendit l’oreille, mais aucun bruit ne vint trahir la présence de celui qui avait déposé là ce paquet.
Sur le couvercle, un mot : « Ouvre ! » Elle souleva donc le carton pour découvrir un joli ensemble de dentelle noire et des escarpins aux talons vertigineux. Il avait choisi sa tenue… Elle enfila d’abord le porte-jarretelles, puis entreprit de gainer ses jambes des bas de soie qu’il avait choisis. Elle chaussa les escarpins vernis et se retourna pour juger du galbe de ses jambes et de la cambrure de ses reins ainsi soulignés par la dentelle du porte-jarretelles. Il savait choisir ce qui mettait ses atouts en valeur. Ainsi vêtue, la courbe de ses fesses était parfaitement irrésistible.
Elle eut envie de ne pas enfiler la culotte mais se dit qu’il avait pris la peine d’en choisir une, alors il tenait à ce qu’elle la porte… Lorsqu’elle déplia le minuscule morceau de dentelle transparente, elle sourit… Avec ce string, elle serait plus nue que si elle n’enfilait rien… Docile, elle passa chacun de ses pieds dans la culotte, puis la remonta le long de la soie de ses bas. Lorsqu’il atteint le haut des cuisses, la peau nue frissonna… Le vêtement poursuivit son ascension jusqu’à venir s’appuyer doucement sur sa fleur qu’elle sentait déjà émue… Elle réprima un petit spasme de plaisir quand le fil du string glissa entre ses fesses…
Un furtif coup d’Å“il dans la glace lui assura que l’ajustement était parfait.
En soulevant le soutien-gorge, elle remarqua qu’il y avait encore un autre morceau. Une autre pièce d’étoffe… C’était pourtant beaucoup trop petit pour être une robe. Elle enfila le soutien-gorge, remarquant à peine à quel point la dentelle transparente rendait obscènes ses tétons qui pointaient d’excitation.
Elle saisit l’étoffe qui restait dans la boîte et constata que ce qu’elle avait pris pour un seul morceau était plutôt un loup et un très long ruban de satin. Elle sourit et enfila le loup, pour rire…
« Ne bouge plus! », entendit-elle derrière elle.
Même si elle avait sursauté, un sourire étira ses lèvres. Elle avait reconnu la voix.
(À suivre...)
Mon bel Amant,
Déjà trop d'heures que mon corps est privé du vôtre. Et même si je me souviens très bien de nos derniers ébats, même si je m'en souviens du bout des doigts, je ne parviens pas à faire taire ce désir qui grandit en moi chaque fois que je pense à vous. Je suis impatiente de vous retrouver pour que mon corps trouve enfin la paix.
En votre absence, je me consume d'un feu qui ne s'éteint jamais. Je ferme les yeux et je sens mes tétons s'ériger quand, derrière mes paupières closes, je revois votre bouche qui les lèche... Si j'y pense très fort, je peux même ressentir la morçure de vos dents et ce grand vertige qui, chaque fois, monte en moi... Mes doigts, sans que je m'en aperçoive, frôlent le relief que mes aréoles froissées dessinent à travers la dentelle de mon soutien-gorge... Et ces frissons qui prennent naissance au bout de mes seins se répandent en petites secousses merveilleuses dans tout mon corps.
Et je savoure chacun de ces frémissements sur ma peau, gourmande de cette envie qui enfle en mon ventre et que je ne sais pas retenir. Contenir le désir, le plus longtemps possible. Retarder encore le moment où mes doigts glisseront entre mes cuisses pour apaiser - oh si peu! - cette envie de vous. Songer à vos baisers si doux et à vos doigts qui glissent dans mes boucles brunes. Réinventer vos caresses tendres sur ma nuque et sur mes épaules. Imaginer votre regard et cette ivresse qui me prend et me submerge chaque fois que je vois ce sourire plisser le coin de votre oeil océan où brille une étincelle de perversité qui promet tous les plaisirs. Avoir envie d'embrasser votre peau, de mordre votre cou, de lécher votre oreille... Sentir la rosée inonder mes pétales doux en devinant l'effet de mes soupirs sur votre désir. Fondre de plaisir à l'imaginer, fièrement dressé... À imaginer la saillie de votre envie de moi déformer votre pantalon.
Au souvenir de votre sexe, je n'y tiens plus, et mes doigts font naufrage sous la dentelle, au creux de mon sillon, parcourant les replis de mon sexe. J'imagine votre gland glisser doucement entre mes lèvres. Au même rythme, mes doigts s'enfoncent, impatients, ivres, en mon antre. Votre queue jusqu'à la garde, mes doigts jusqu'à la paume. Votre bassin - ma paume - qui appuie doucement sur mon petit bouton dressé au rythme des va-et-vient de votre queue en moi. Lents. Hypnotisants. Enivrants. Puis plus rapides, plus forts... Urgence du désir.
Quand les tremblements de l'orgasme secouent mes doigts plantés dans ma chatte, j'imagine votre plaisir jaillir et se mêler à l'eau de mon coquillage...
Et quand les spasmes se sont calmés, lécher mes doigts, comme je lèche les vôtres après qu'ils m'aient fait l'amour. Lécher mes doigts, pour savourer ce miel que le souvenir de vous fait couler et qui a le goût du plaisir... Qui a, un peu, le goût de vous. Qui a le goût d'encore...
Je me languis de vous...
Votre Ange avide
In
Mots d'amour,
Nocturne
Quand ma main a touché la chaleur de sa peau, mon corps s'est réveillé. Au beau milieu de la nuit, alors que nos corps s'étaient déjà aimés tant de fois plus tôt dans la soirée, mon envie de lui s'est réveillée. Dans mon dos, ma main s'est posée sur son ventre. Mes doigts qui papillonnaient dans la toison juste sous son nombril l'ont réveillé.
Je l'ai entendu remuer un peu. Il s'est lové contre moi, permettant à ma main de glisser jusqu'à son sexe... Il bandait. Les deux ou trois heures de sommeil que nous nous étions accordées n'avaient pas endormi la bête... Au contraire, elle perlait d'envie!
Sa main s'est faufilée à la recherche de mon sein dont elle a épousé le galbe. Agiles, ses doigts ont dressé mon téton et froissé mon aréole... Mon mamelon ainsi emprisonné dans l'étau formé de son pouce et de son index, je gémissais. Et plus il pinçait, plus je gémissais. Plus je mouillais...
Je collai mon bassin au sien et sentis, avec ravissement, son sexe dressé se frayer un chemin entre mes fesses... Sans trop que je m'en rende compte, je me suis mise à onduler pour sentir sa queue glisser jusqu'entre mes lèvres où le gland gonflé venait caresser délicieusement mon petit bouton dressé.
J'ai alors pris conscience de l'indécence de la situation: je me branlais sur sa queue. Pire, je me branlais sur sa queue, et je n'allais pas tarder à jouir... Et comme s'il l'avait senti, comme s'il avait pu lire dans mes pensées, il a resseré l'étau de ses doigts sur mon mamelon déjà si sensible, sachant combien j'aime jouer sur la frontière entre le plaisir et la douleur...
"Oui, jouis, ma belle...", murmura-t-il.
Quand les spasmes se furent calmés, il porta sa queue à ma bouche pour me faire goûter mon plaisir... Mes lèvres s'arrondirent sur sa hampe luisante de mouille...
Nos corps ne trouvèrent le repos que de longues heures plus tard...
In
Mots d'amour,
Régal
J’aime ta gourmandise. Quand, contre moi, tout est prétexte au plaisir. J’aime quand tu défais les boutons de mon chemisier un à un, et que tu glisses ta main par l’ouverture entre chaque bouton pour caresser ma gorge. Comme si tu ne pouvais pas attendre d’avoir défait tous les boutons pour goûter à ma peau. Et j’aime le petit grognement que tu émets quand tu le fais, comme si cette seule caresse te ramenait à la vie.
J’aime que tu fermes les yeux quand je déboutonne ta chemise pour goûter pleinement les caresses de mes mains sur ta peau… Tu savoures mes doigts qui papillonnent sur ta peau et un sourire de plaisir fend alors ta bouche. Ce sourire, comme une invitation… Si tu savais comme j’ai envie d’y mordre...
J’adore quand tu plaques ton torse contre ma poitrine au moment où j’essaie de retirer ton chandail, comme si tu ne pouvais plus attendre et que la douceur de ma peau t’était vitale. Je sens, dans ce geste, toute l’urgence de ton désir pour moi.
Une fois peau contre peau, tu me serres contre toi… Longtemps. Tu fais le plein de tendresse. Je me love contre ton corps chaud avec l’impression que je ne suis que sensualité et douceur.
Tu me repousses un peu pour me regarder. Pour caresser mes cheveux et m’embrasser. Et même si j’adore sentir la fermeté de ton désir contre mon ventre, même si ton corps soudé au mien me fait perdre la tête, ce moment où tu deviens loup et moi agnelle, ce moment où tu me regardes comme ça, comme si j’étais un bonbon que tu savourais à l’avance, lentement, pour faire durer le plaisir, il est merveilleux. Merveilleux, parce que tellement plein de promesses. Merveilleux, parce que tellement vrai. Et cette attente de ton corps, cette fraction de seconde avant que le désir ne déborde, cet infime instant de perfection où l’on prend conscience que l’on ne pourra plus contenir toute cette sensualité, c’est ce que j’ai goûté de meilleur.