23 décembre 2008

Aven

Il y a, au creux de mon ventre, cette envie.
Floue et insaisissable.
Envie de son parfum sur ma peau. De ses doigts qui me découvrent, de ses mains qui m'apprivoisent. Envie de me sentir fragile, dans le creux de ses mains.
Envie de me dissoudre dans ces caresses qu'il fait courir sur mon corps. Envie de me laisser aller, complètement. Envie d'abandon...

Il y a, au creux de mon ventre, ce désir.
Paradoxes du désir.
Désir de baisers doux et tendres, de morçures, d'effleurements. Désir de son sexe qui me pénètre profondément, désir de sentir ses mains agripper fermement mes cheveux, désir de sentir que je suis une petite fleur fragile qu'il caresse du bout des doigts... Désir d'être vraie, jusqu'au bout...

Il y a, au creux de mon ventre, ce besoin.
Besoin de me voir dans ses yeux. Besoin de me fondre en lui... Besoin de lui faire l'amour. Avec mes mots, avec ma langue... Avec mes mains. Avec mon corps, qui le réclamme. Avec mon corps qui l'espère. Avec mon âme.

Il y a, au creux de mon ventre, cette soif.
Inextinguible.
Soif de lui, soif de son plaisir répandu en jets brûlants sur mes lèvres, sur ma peau.
Son essence, pour étancher ma soif.

Il y a, au creux de mon ventre, cette faim.
Dévorante.
Faim de sexe. De son sexe. Faim de désir. Goûter, lécher sa peau, pour m'en enivrer.
Faim de frissons. D'orgasmes. De douceur et de violence.

Il y a, au creux de mon ventre, tout un monde de douceur, de plaisirs secrets. Et mon envie de lui, qui palpite...




Photo: Alexander Kolpakov

17 décembre 2008

Sagesse ancestrale

Ce matin-là, il neigeait. À plein ciel.

Exit les jupes courtes qui volent au vent et les escarpins délicats.
Exit les décolletés qui livreraient ma gorge aux morçures du froid et du vent...
Exit les tissus légers qui ne conviennent plus aux froids que nous connaissions depuis quelques jours.
J'ai dû troquer mes tenues légères pour un habillement plus approprié aux conditions climatiques d'ici: lainages, bottes (sans talon, il serait si facile de tomber, avec toute cette neige), foulard, mitaines...
Exit le sex-appeal...

On m'a toujours dit, quand j'étais petite, que lorsqu'il faisait froid, il était important de mettre quelque chose sous ses vêtements pour se tenir chaud... Comme les conseils de ma grand-mère ont toujours été pour moi de petites parcelles de sagesse que j'essaie d'appliquer dans ma vie, j'ai modifié légèrement mes dessous habituels.

Exit le sex-appeal, donc? Pas complètement. Je portais tout de même un joli sourire coquin, parce que j'étais la seule à savoir que sous tous ces vêtements chauds, mais, avouons-le, peu seyants, je portais cette lingerie qui frôlait l'indécence... La décadence, dans un infime morceau de dentelle...

Ma grand-mère avait raison: c'est ce que l'on porte dessous qui fait toute la différence.

10 décembre 2008

Ivresse

Il n'y a jamais eu de nous, dans notre histoire.
Toi. Moi. Mais pas de nous...

Laisser sortir les mots, bruts, vrais.

Tu me bouleverses, tu sais?
Tu débarques dans ma vie avec tes mots et tes yeux, sans avertir...
Ces yeux...
Tu triches... Je n'ai jamais su résister à des yeux comme les tiens.

Et tu me dis que j'aurais pu être celle qui...
Tu joues de tes charmes.
De tes mains.
De tes mots...
De tes sourires...
De tes silences.

Tu m'ensorcèles.

Tu me bouscules.
Me tourbillones.
M'étourdis.

Encore...

7 décembre 2008

Apo'strophe

Baise-moi.
Fais-moi naître, sous tes mains
Dans tes caresses, par ton désir de moi.
Libère-moi par tes reins.

Brûle ta langue sur ma peau
Que j'existe par tes mots.
Ta plume, qui joue sur moi
Touche-moi...


1 décembre 2008

Éclats

Il était beau.
Quand le soleil le frappait, il dessinait des arcs-en-ciel, sur le mur.
Délicat bibelot auquel j'étais vraiment attachée.
Je sais, je sais... Je n'aurais pas dû le prendre...
Un tel objet est si fragile...
Mais il était si beau. Je voulais le toucher...
Il m'a glissé des doigts...
Et comme dans un film, la scène se déroule au ralenti...
Il tombe lentement, et je sais que tôt ou tard, il touchera le sol et se fracassera en mille morceaux...

Et je regarde mes mains...
Vides.