Le bijou

09:44


- Regarde là.
Il suivit son regard, ne pouvant s'empêcher de penser qu'elle était magnifique lorsqu'elle jouait de ses grands cils noirs.
- Où, là?
Il avait effleuré sa joue.
- Non, plus bas, là.
- Ici?
Il avait posé sa main sur sa gorge.
- Non, ici.
Elle la prit, cette main, et la fit descendre jusqu'au bouton qui retenait l'étoffe de son vêtement. Elle portait un joli chemisier dont le décolleté pas très sage offrait au regard la naissance et la rondeur de ses seins et à l'orée duquel jouait un magnifique bijou qui scintillait dans la lumière dorée de cette fin d'après-midi. Il effleura sa peau si douce du bout des doigts.
- Vois-tu cette petite perle de mon collier qui s'agite avec chacune de mes respirations. La vois-tu chercher à capter la lumière et à renvoyer des reflets éblouissants? Le sais-tu qu'elle cherche à attirer ton oeil vers la douceur laiteuse de ma poitrine? La vois-tu qui danse au rythme de mon souffle qui, bien légèrement, s'est accéléré depuis que tu me regardes? Depuis que tu as posé la main sur moi... L'aperçois-tu qui cherche à se glisser par l'ouverture de mon chemisier, qui cherche à t'attirer, elle aussi, vers ce qui s'y cache? La vois-tu, cette petite perle qui caresse légèrement le galbe de mon sein?
Ce disant, elle détacha son collier et, lentement, laissa les perles et les billes qui le composaient s'abîmer dans l'ouverture de son chemisier. Ce geste, d'une lenteur hypnotisante, fit se dresser la pointe de ses seins, là, tout près de l'ouverture.

Il fit aussi se dresser son désir de la prendre, là, maintenant, parée de son seul bijou...

Pour toute réponse, il n'eut qu'un léger grognement et ses mains qui se saisirent de ses hanches pour la plaquer contre lui. Ce qu'il fit, s'assurant qu'elle ne pouvait pas ignorer le désir qu'elle avait fait naître en lui...



Photo: Oliveradias

You Might Also Like

7 commentaire(s)

  1. Toujours beaucoup de sensualité dans vos mots... j'adore.

    RépondreSupprimer
  2. Décidément un rien vous habille, un rien le titille, nous ne savions pas que les perles avaient ce pouvoir... c'est toujours un plaisir de vous lire.

    RépondreSupprimer
  3. Lysis > J'aurais pu (j'aurais dû, d'ailleurs) écrire la même chose chez vous... Merci de vos mots ici...

    histoiredecoquine > Effectivement, un rien m'habille. Mais semble-t-il que c'est lorsque je suis vêtue du désir de lui que je suis la plus belle... Quant aux perles, je n'ai fait qu'écouter Beaudelaire:
    "La très-chère était nue, et, connaissant mon cœur,
    Elle n'avait gardé que ses bijoux sonores,
    Dont le riche attirail lui donnait l'air vainqueur
    Qu'ont dans leurs jours heureux les esclaves des Mores.

    Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
    Ce monde rayonnant de métal et de pierre
    Me ravit en extase, et j'aime à la fureur
    Les choses où le son se mêle à la lumière."

    RépondreSupprimer
  4. Très sensuel, oui... Et très visuel... On voit et on sent... On est là... Avec bonheur...

    RépondreSupprimer
  5. francois-fabien > Avec bonheur, oui...

    RépondreSupprimer
  6. quelle belle façon de porter le bijou ... très évocatrice

    RépondreSupprimer
  7. L singulière plurielle > Quelle autre parure pourraît être nécessaire lorsque l'on est vêtu de désir et de nudité?

    RépondreSupprimer

Subscribe