Papillon de nuit...

20:10


Toi, mon rêve,

J'étais là, couchée au creux de toi. Je me lovais dans la paume de ta main. Chacun de tes mouvements m'effleurait comme une caresse.

J'étais là, au creux de ta voix. Elle me caressait de sa douceur, de sa musique. S'insinuait, là, jusqu'à mon coeur qu'elle faisait fondre lorsqu'elle prononçait mon prénom. Et ce "o" tout rond, ce "o" qui me faisait fondre, lorsque tu me disais que de laisser mes mains s'égarer sur ma peau au son de ta voix, c'était très "coquin". Ce "o" qui coulait sur moi et dont j'entends encore les échos, malgré tout ce temps...

J'étais là, au creux de tes mots. Derrière eux. Au centre... À travers eux, j'étais belle. Belle comme un ange... Chaude comme le soleil. Brûlante... L'image de moi que tu esquissais avec tes mots d'amour, elle me plaisait. Je la trouvais belle, celle que tu peignais de ton verbe doux. Des mots murmurés, comme du fusain que l'on estompe du bout d'un doigt, pour créer un ombrage, un relief. Pour donner vie...

J'étais là, au creux de ta force. Pour la première fois de ma vie, je n'avais plus peur d'être moi. Plus honte. J'ai déployé mes ailes. Et j'ai pris mon envol... J'avais trouvé, auprès de toi, le courage qu'il faut pour accepter. M'accepter. Accepter d'être celle que j'avais toujours senti, au fond de moi, mais que je n'osais pas réveiller. Toi, ce feu qui couvait, tu l'as fait briller pour éclairer mes nuits... Et, attirée par cet éclat si brillant, ivre de lumière, je me suis brûlé les ailes...





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5 commentaire(s)

  1. Absolument magnifique !
    Je ne sais quoi rajouter... merci.

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  2. Magnifique papillon... Vos mots nous caressent et puis nous étranglent. Magique.

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  3. Lyzis > Merci à vous...

    Ambre > Des mots qui m'étranglaient aussi... J'avais besoin de les raconter... Merci de votre passage ici...

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  4. Très joli texte cher Ange....
    je m'y retrouve un peu surtout dans le dernier paragraphe....
    Voila ce qui arrive à voler trop près du soleil...

    Bises

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  5. L'Insoumise > Oui, quand on se laisse aveugler par la lumière, quand on se gorge de chaleur, il arrive parfois que l'on oublie le danger et que l'on se blesse...

    Bises.

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