Faiblesse de la chair

13:22


La lame qui s'enfonce dans la chair si tendre de ton épaule. J'ai rêvé si souvent que j'y posais ma tête, pour apaiser mes tempêtes. Mais cette nuit, j'ai rêvé que j'y laissais ma trace. La morsure glacée du métal froid dans ta chair si chaude. Pas de sang. Pas de sang, pas de cris. Juste une étoile, gravée à même la peau si claire de ton épaule. Pour qu'elle se souvienne de moi, peut-être. 

Et je me rappelle de mes doigts, qui brûlaient d'envie de te toucher. De ma joue, tout près, alors que j'approchais mon visage pour m'assurer de la qualité de mon ouvrage. De la chaleur de ta peau, que je sentais, si près de ma peau... 

Je n'ai pas vu ton visage. Pourtant, je sais que c'était toi. Les grains de beauté semés sur ta peau si blanche. L'odeur. La façon dont ta peau s'hérissait sous mes doigts. 

Je me suis réveillée en pleurant. Je ne suis pas guérie. Pas guérie du tout... Je flancherais, si tu revenais vers moi. Je te laisserais encore faire de moi ce joli pantin sensuel et docile que tu aimes tant avoir dans ton lit et que tu jettes une fois tes envies assouvies. Je te laisserais encore me faire mal, parce que sous tes mains, je vis. Parce que réunie en douceur autour de ta queue, j'existe enfin. Tes soupirs, tes cris, ton sperme, comme autant de preuves que je suis.

Comment guérit-on de ce genre de blessure? Celle qui fait que l'on désire si fort quelqu'un qui nous brise et nous tue un peu chaque fois qu'il nous abandonne?


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9 commentaire(s)

  1. La seule guérison qui me semble souhaitable, hélas, c'est de tomber sur votre prochain bourreau !

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    1. C'est une solution qui m'effraie. Il semblerait que je ne sache pas choisir. Ce qui au départ ne se doit être qu'une rencontre des corps finit toujours par m'atteindre le coeur. Et comme je ne sais pas comment on fait pour cesser d'aimer, inévitablement, un jour, j'ai mal...
      Je me sens trop fragile pour l'instant pour laisser à un autre homme la possibilité de laisser des meurtrissures sous ma pelure...

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    2. Je vous souhaite de savoir mieux que moi comment trouver votre bonheur !
      Mais votre voie de la cicatrisation me semble longue et difficile…

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    3. Elle l'est... Je n'ai jamais su comment guérir d'une peine d'amour. Le temps finit par apaiser la douleur, puis reviendra la solitude et après, le besoin d'être désirée. Alors peut-être trouverais-je l'envie de jouer, à nouveau...
      J'ai essayé de garder l'esprit ouvert aux nouvelles possibilités, mais je me suis vite rendu compte que c'est lui que je cherche... Il me faut du temps pour guérir de lui, et son silence ne rend cette cicatrisation que plus lente et plus difficile.

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  2. Que vos mots sont rares avec une telle écriture, je remercie le hasard de me les faire découvrir, et de passer quelques heures à remontre le temps de vos articles !

    Félicitations d'un lecteur conquis

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    1. Oui, mes mots sont rares...
      Il fait froid dans mon lit trop grand. Roulée en boule, je lèche mes plaies.
      Peut-être le printemps qui vient verra-t-il fleurir à nouveau l'envie d'écrire...

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  3. Peut-etre qu'il n'en pouvait plus de se sentir "numéro 2"

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    1. Il n'a jamais voulu être plus qu'un amant occasionnel. Je ne crois pas qu'il ait été amoureux. Je serais bien étonnée que ce soit la raison de son silence...

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  4. J'ai été l'amant d'une femme déjà, et c'est pas évident à vivre d'être le numéro 2 à la longue, surtout si la chimie est bonne.

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