Vibrations littéraires (suite)

02:53

C'est le regard vrillé aux yeux bleu acier de l'homme assis à quelques fauteuils du mien que j'avais joui, emportée par un tourbillon de sensations toutes plus intenses les unes que les autres... J'avais tâché de garder un visage impassible, mais quelque chose avait dû se lire sur mon visage puisque l'inconnu me dévorait des yeux. Savoir qu'un pur inconnu me regardait et qu'il savait - parce qu'il ne pouvait pas ne pas savoir, vu la façon dont il me regardait - avait décuplé mon plaisir et j'avais dû vraiment faire un effort démesuré pour ne pas laisser sortir ces gémissements qui me brûlaient la gorge...

Les vibrations cessèrent, me laissant reprendre lentement pied dans la réalité. Mon inconnu bougea un peu sur son fauteuil. Je pris soudainement conscience de ce qui venait de se passer. J'étais à la bibliothèque, au milieu des gens! Je baissai abruptement les yeux, rouge de confusion. Il m'avait vue... Pire, il m'avait peut-être vue quand j'avais remonté ma jupe pour faire glisser l'oeuf dans mon intimité... Et il s'était régalé de mon plaisir montant, de ma difficulté à le contenir... Il devait trouver le rouge sur mes joues délicieux. Cette réflexion n'arrangea pas mon teint, puisque je sentis mes joues s'empourprer de plus belle...

Mon téléphone vibra... "Le rouge te va à merveille..." Encore une fois, je regardai autour de moi... Tu devais bien être quelque part... Après tout, ces trucs vibrants ne se télécommandaient pas de bien loin... Rien à faire, j'avais beau regarder, tu n'étais nulle part en vue... Je te répondis, dans l'espoir d'entendre sonner ton téléphone, même si je me doutais bien que tu avais activé le mode silencieux... "Tu n'as pas honte? Abuser d'une femme faible et sans défense comme moi? Et en public, de surcroît!"

Silence. Je n'entendis que le froissement d'une page qu'on tourne... Mon inconnu avait repris son journal et semblait à nouveau absorbé dans sa lecture. J'en profitai pour le détailler un peu plus. Il était franchement bel homme. Des cheveux bruns et assez courts qui encadraient un visage à la mâchoire très masculine. Des lèvres roses qui, vues d'ici, me semblaient incroyablement douces... Bien habillé... J'ai toujours eu un faible pour les hommes qui portaient le costume... La veste était ouverte et laissait entrevoir une chemise orange brûlé... Monsieur savait choisir les bonnes couleurs pour mettre ses atouts en valeur... En effet, le contraste avec le bleu de ses yeux était saisissant. Il les releva un moment, ses yeux, et son regard croisa le mien. J'eus envie de baisser les yeux, mais à quoi bon? Je soutins son regard une longue minute, jusqu'à ce que l'oeuf se remette à vibrer...

Je fermai les yeux, comme si c'était la seule manière de contenir tout le plaisir que je sentais à nouveau monter en moi. La vibration dura un long moment, puis s'arrêta. Lorsque j'ouvris à nouveau les yeux, mon téléphone affichait ce message: "Reprends ta lecture... Surtout, n'arrête pas de lire..."

Je serrais les cuisses. Involontairement, je me tortillais un peu sur mon fauteuil... Accrochée à mon roman comme à une bouée qui m'empêchait de me noyer dans un flot de plaisir et de déraison, je me concentrais pour ne pas exploser encore, mais rien n'y fit, les vibrations de l'oeuf, l'indécence de la situation et la présence de l'inconnu eurent raison de moi une autre fois. Mes doigts s'agrippèrent à l'accoudoir du fauteuil et je laissai le plaisir m'envahir, me submerger, puis m'emporter...

Les vibrations cessèrent à nouveau... Lorsque je relâchai ma prise sur le cuir du fauteuil, l'empreinte de mes ongles y demeura. Je déposai mon roman sur mes cuisses. Je me saisis de mon téléphone pour t'écrire que je n'en pouvais plus, que tu devais cesser de me torturer ainsi, mais je vis que tu m'avais devancée: "Z102a".

C'était donc là que tu te cachais! Enfin, j'allais pouvoir te faire payer... Je me levai, ajustai un peu ma jupe, passai rapidement devant l'inconnu, espérant que le parfum du désir qui coulait entre mes cuisses ne me trahirait pas davantage...

Je me rendis dans la dernière rangée de livres, tout contre le mur, mais tu n'y étais pas. Un peu déçue, j'entrepris de me rendre tout au fond pour chercher le bouquin que, encore une fois, tu m'envoyais chercher. Z102a.... C'était là, tout en bas... Je me penchai pour mieux voir. J'eus beau chercher, je ne le voyais pas. Par contre, un petit papier collé sur le mur attira mon attention. Encore ton éciture... "Tu as ma bénédiction."

Ta bénédiction? Ta bénédiction pour quoi? Un peu en colère, je pris mon téléphone et t'écrivis un message pour éclaircir ce mystère. Je l'envoyai et quelques secondes plus tard, j'entendis vibrer derrière moi. Je n'eus pas le temps de me retourner que, enfin, tu étais là... Ton corps à quelques milimètres du mien, je pouvais sentir ton souffle dans mon cou. Cet instant me sembla durer une éternité. Une éternité où mon désir de toi transpirait par tous les pores de ma peau. Où chaque petite parcelle de ma peau semblait tendre vers toi qui étais juste là... Il y avait entre nous à peine assez d'espace pour glisser une feuille de papier, et pourtant, cette distance me faisait souffrir. Qu'attendais-tu? N'entendais-tu pas l'appel de ma peau? Ne voyais-tu pas que je brûlais d'envie?

Tu mis fin aux vibrations qui avaient encore une fois réveillé mon intimité. Je t'entendis inspirer et, au même moment, je sentis ton grand corps d'homme se plaquer contre mon dos. Contre mes fesses, ton érection... Je gémis faiblement... À mon oreille une voix chaude, mais inconnue, murmura :" Vous savez que vous êtes belle quand vous jouissez? Vous m'avez rendu fou..."

En une fraction de seconde, tout s'éclaira... Puisque j'avais ta bénédiction, je m'appuyai au mur et cambrai les reins, me promettant de te remercier plus tard... 




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12 commentaire(s)

  1. Ouh comme j'ai aimé cette suite, vous m'avez fait vibrer cher ange!!
    J'ai carrément été transporté dans cette bibliothèque . En effet vous êtes divinement belle quand vous jouissez .
    J'aime quand vous mordez vos lèvres lorsque vous prenez du plaisir , elles sont si sensuelles ...

    Je vais imprimer et relier maintenant :0)

    Ô plaisir

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  2. Magnifique blog, très belle plume, envoutante

    see you soon
    http://filmschronicles.blogspot.com/

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  3. Si j'avais froid en arrivant cher petit ange vous venez de me rechauffer en quelques lignes...j'adore cette suite que j'attendais avec (im)patience....
    Je vous imagine si bien rougissante...tout comme j'imagine votre cambrure, là, les mains en appui sur ce mur....

    Doux baisers

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  4. savoureux ! un fantasme que je partage et ardemment décrit ici !

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  5. Après la lecture de ce récit j'ai imaginé qu'une femme avait mit mon sexe dans un vibromasseur spécial pour homme et qu'elle me suivait à distance partout où j'allais. Évidemment elle ne pouvait se retenir de l'activer dans des endroits où il y avait du monde et plus je râlais plus ça l'excitait ...

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  6. Plaisir des Sens > Semble-t-il, oui, que je suis belle lorsque je me laisse emporter par le plaisir... Mais ne le sommes-nous pas tous, puisque le plaisir est beau, peu importe les traits qu'il emprunte?

    N.B. > Je vous remercie. Soyez le bienvenu, ma porte est toujours ouverte...

    L'Insoumise > J'ai dans l'idée qu'elle ne vous laisse pas indifférente, ma cambrure... Mes fesses, ainsi offertes alors que mes reins se creusent vous inspireraient-elles des envies rougissantes...? Sourire complice...

    Succuba > Plus je vous lis, plus je découvre que nous avons des fantasmes communs... Merci...

    Plaisir des Sens (bis) > Je la comprends... J'ai beaucoup de difficulté à résister à un homme qui râle son plaisir...

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  7. Ouh là vous me faite vibrer ange,je vais finir par râler :0)

    Pour info cette nuit j'ai terminé la page spéciale anniversaire sur mon blog . Quelques images devraient vous plaire ... Bisous

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  8. Vous savez Bel Ange...vous savez....baisers rougissants...

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  9. Très enivrant, ce récit m'emporte et me transporte.
    Je me suis doutais de la fin. Peut-être parce que je l'espérais? Cet homme inconnu ne pouvais rester dans l'ombre.

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  10. Plaisir des Sens > Râlez, mon cher... Vous savez bien que je ne saurais pas résister...

    L'Insoumise > Rougissez, ma belle... Vous savez comme je vous aime rougissante...

    Mirka > Je suis heureuse que la fin vous ait plu. L'étranger était si... irrésistible, n'est-ce pas? :P

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  11. Oui! irrésistible. L'inconnu est toujours si excitant...

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  12. Mirka > Oui, en effet... L'inconnu a toujours un charme magnétique...

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