À fleur de peau...

14:26


J'étais allongée dans une petite salle à l'éclairage savamment tamisé, le corps enroulé dans une moelleuse serviette en ratine lâchement nouée au-dessus de mes seins. Une musique douce et relaxante m'invitait à la rêverie. Je fermai les yeux et laissai mes pensées vagabonder.

Une jeune femme entra et se présenta. Elle s'assit près de moi et prit ma main droite, qu'elle exfolia doucement, pour appliquer une crème hydratante... "Vous avez les mains très douces", me dit-elle... Sa voix était aérienne. Ses doigts effleurèrent la petite bosse sur mon majeur, signe visible des nombreuses heures passées à écrire... "Vous écrivez beaucoup?" Je répondis vaguement... Elle faisait pénétrer la crème qui embaumait doucement la pièce d'un parfum végétal. Ses doigts fins caressaient ma peau et je sentais les miens se détendre sous ses habiles pressions. Un instant, mes doigts perdirent de l'indolence qui convient à ce genre de situation pour caresser les siens... Cela me semblait si naturel que je ne réalisai pas tout de suite ce que j'étais en train de faire... Lorsque j'en pris conscience, j'ouvris les yeux, un peu inquiète de la réaction de la jeune femme qui se trouvait près de moi. Elle avait elle aussi fermé les yeux et un joli sourire se dessinait sur sa petite bouche en coeur. Elle offrit à ma main gauche un traitement tout aussi attentionné...

Je profitai de son moment d'égarrement pour la regarder. Elle était grande. Plus grande que moi, ce qui est plutôt rare. Un roseau, fin et délicat, et pourtant, il émanait d'elle une telle force... Je regardai son corps long et mince et imaginai le sentir se lover contre le mien... Son visage était un ovale parfait. De la porcelaine sur laquelle deux traits noirs avaient été artistiquement tracés... Son visage ainsi abandonné à ses pensées, elle m'offrait en spectacle la douceur de sa peau sur laquelle contrastaient de longs cils noirs. Ceux-ci semblaient m'inviter plus encore à de voluptueuses pensées... J'eus envie, à ce moment-là, de poser ma main sur sa joue, de frôler sa bouche... De l'embrasser... J'aurais voulu l'entendre gémir...

Je fermai à nouveau les yeux... Comme si la regarder pouvait me distraire et m'empêcher de goûter pleinement au bonheur de sentir ses mains sur ma peau... Lorsqu'elle en eut fini de mes mains, elle se plaça derrière moi et s'occupa de mon visage... Ses doigts délicats voletaient sur ma peau, tantôt caresses légères et chatouillantes, tantôt pressions habiles et relaxantes... Au moment où elle appliqua une crème au parfum qui me rappela l'océan, ses doigts se firent papillons sur ma peau et je ne pus m'empêcher de me dire qu'il serait ô combien agréable de les sentir butiner ainsi ma fleur...

Je mouillais...

Ses doigts effleurèrent mes lèvres avec un peu d'insistance... J'eus envie de déposer un baiser sur la pulpe qui me caressait... Ses mains descendirent dans mon cou, sur mes épaules, sur ma gorge... Je me surpris même à vouloir qu'elle dénoue la serviette et caresse mes seins... Elle se pencha légèrement vers moi et je devinai, à travers son chemisier, une poitrine toute menue... Elle se pencha encore un peu, pour que ses mains parcourent mes bras jusqu'à mes mains, et je sentis, une trop courte seconde, le moelleux de son sein sur ma joue...

Ce fut plus fort que moi, je soupirai de bonheur... Ses yeux croisèrent les miens, et une curieuse étincelle traversa son regard... Puis elle se leva lentement et se dirigea vers la porte. Elle n'allait pas s'en aller? Pas comme ça... Je m'en voulais d'avoir laissé ce soupir franchir mes lèvres...

Elle mit le verrou et se retourna vers moi. Le sourire qui étira ses lèvres acheva de me perdre...

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18 commentaire(s)

  1. Quelle douceur en ce billet... Quelle folle envie de se laisser aller et tendre vers l'autre, au niveau des gestes et caresses, du regard aussi... Si cela devait se reproduire, laisse vivre tes pulsions et mène à bien tes envies, ta soif de désir... Les interdits n'existent pas, ils sont le fruit malsain d'une morale décadente... Alors, au dessus de la tentation, franchir le pas parfois s'avère nécessaire et, aimer sa prochaine n'est pas plus malsain ni diabolique que d'aimer son prochain. Seuls, les ressentis à ce stade prennent toute leur importance!
    Dis-moi, tu voulais arrêter d'écrire... C'eut été la pire des idioties... Tes mots, tes phrases, ta narration coulent de manière si douce, à l'image de ces caresses manuelles si bien décrites en ce splendide billet.

    Je te bise fortement Ange... Et, si un jour... Je n'ose te demander, mais sache que mon espace serait heureux d'accueillir tes mots... Page blanche t'ai laissée...

    Bonne soirée... A demain pour un petit mot sur ton autre billet! MICHEL

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  2. Quel instant troublant ! et merveilleusement conté...
    On a envie de s'y égarer aussi...

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  3. Je vous ai lu, suspendu à chaque mot, appréciant toutes ces douceurs, toute la tendresse qui en émane, nous offrirez vous une suite ?
    je vous embrasse

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  4. Chère Ange,

    quel plaisir de retrouver vos mots, votre sensibilité... Moment suspendu, à vos lèvres, à vos mots, à votre soupir... sourire.
    Je vous embrasse très tendrement et avoue avoir hâte de lire la suite...
    Votre amie Beav'

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  5. je dois, dans quelques jours, me faire prodiguer un soin du visage... nul doute que je ne m'y rendrai pas de la même manière que les précédentes fois...

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  6. Hmmm quel délice, des mots tout en sensualité chère Ange.....
    Je me suis retrouvée à votre place, ressantant toutes vos émotions si bien décrites...
    Il ne fait aucun doute que mes prochaines visites en institut ne seront plus les même...sourires coquins

    Baisers chocolatés Bel Ange

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  7. MICHEL > Le moment était si doux, je n'ai que tenté de transmettre, dans mes mots, un peu de cette douceur...

    Vous devez bien vous en douter maintenant, je ne voulais pas cesser d'écrire, je voulais seulement crier ma douleur... J'avais l'impression qu'en la partageant, elle serait moins lourde à porter.

    Ambre > Je déferai le verrou, pour vous...

    Maître Décadent > Et si vous me la racontiez, vous, la suite? Je la publierai ici, si vous me le permettez...

    Beaverstef > J'ai envie de vous mettre au défi, vous aussi... Vous avez envie de relever le défi?

    Succuba > J'espère que vous apprécierez toute la sensualité de ce moment...

    L'Insoumise > Et vous en avez été aussi troublée que moi...?

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  8. Ravi de vous retrouver mon Ange, votre écriture est d'une infinie sensualité, elle vous attrape et vous emmène irrésistiblement.

    Savoir profiter des moments propices aux rapprochements, les érotiser juste ce qu'il faut... c'est une ambition terriblement inspirante! ;-)

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  9. Magnifique!

    Gingembre
    gingembre1.wordpress.com

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  10. FLOW > Cessez de me complimenter sur mon écriture, je vais finir par croire que j'ai du talent! ;-)
    Ce que vous me dites à propos de ma tendance à érotiser les moments de la vie quotidienne me rappelle un ami, à l'université, qui me disait que j'étais la femme la plus sensuelle qu'il connaissait, puisqu'en chaque situation, je trouvais ce qui stimulait mes sens... Merci...

    Gingembre > Elle l'était, magnifique, oui... ;-)

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  11. J'en frissonne encore, pour vous ...
    Quelle merveilleuse sensibilité dans l'écriture, ce rien de pudeur qui pourrait soudain nous faire basculer dans l'ivresse de votre sensulaité à fleur de peau.
    Je vous embrasse tendrement bel Ange.

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  12. Philo > Sensibilité, pudeur, sensualité... Vous avez tout dit...

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  13. Chère Ange solaire,
    je suis votre conseil venant de chez L'Insoumise. Voilà un massage qui m'aurait beaucoup plu, le mien était loin d'être désagréable mais la fin n'était pas du tout la même.
    Je découvre votre univers et un très jolie écriture tout en douceur et sensualité.
    Nul doute que je prendrai un peu plus de temps pour vous ire.
    Emma

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  14. Emma > Je savais bien que ce texte vous plairait... Je suis heureuse que ma plume vous plaise. Et flânez ici tant que vous voulez, faites comme chez vous... :)

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  15. Merci en tout cas votre chez vous est très accueillant :)

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  16. Merci. Merci mille fois. Mille et une fois ...

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  17. Toni > Mille et une? Fichtre! C'est beaucoup de mercis, ça... (Tout le plaisir est pour moi...)

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