Entre parenthèses...

14:32

- Madame, que vais-je faire, l'an prochain, sans vous?
- Rien ne nous oblige à nous perdre de vue complètement. Tu vas m'écrire, tu connais mon adresse courriel?
- Bien sûr, je la connais par coeur...
Moment d'embarras... Mon interlocuteur baisse les yeux.
- C'était toi, les courriels?
- Si je vous dis oui, arrêterez-vous de me parler?
- Non...
- C'était moi...
- J'avais deviné il y a déjà plus d'un mois...
- Et vous ne m'avez rien dit?
- Pourquoi? Pour cutiver le malaise? Je voulais pouvoir continuer à te regarder dans les yeux... Ils sont si beaux.
- ...



Regard vers le fond de la salle, pas envie de voir ce moment brisé ou interrompu...



- Vous ne m'avez même pas répondu...
- Pour te dire quoi? Que tes mots m'émoustillent? Que je ne suis pas faite en bois? Que de te regarder écrire m'allume?
-...



Des pas vers nous... Regard entendu: je ne dirai rien...



- Est-ce qu'on pourra en reparler, madame?
- Bien sûr, tu m'écriras...



Sourire complice, baiser sur la joue...

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4 commentaire(s)

  1. ) s'échapper de la parenthèse (

    c'est gagner sa féliçzité

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  2. Ludie > Il y a les mots et le rêve, pour abolir toutes les parenthèses... :)

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  3. J'ai quinze ans, seize peut être...
    Je n'ai des mots à prononcer, que l'orthographe,
    Des lettres sourdes, sans paroles et sans son
    Pourtant je l'aime
    Le son de sa voix est tendre et doux
    Il me transperce, m'inonde et m'émeut
    Chaque nuit, c'est avec elle que je fais l'amour
    La soie de son regard, la chaleur de son corps
    Rien de platonique
    Je l'aime
    Elle n'en sait rien, les mots se sont tus
    Tués qu'ils sont par le silence qui nous sépare.
    Cinquante ans plus tard, le voile se lève
    Les mots réparent
    Et j'ai toujours au côté la brûlure de l'attente
    La marque, au fer, du baiser que je ne lui ai jamais donné.

    Merci à vous d'avoir fait ressurgir ces tendres souvenirs
    Amitiés
    DS

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  4. DS > Je suis heureuse que mes quelques mots vous aient permis de revivre ce souvenir. J'ai, moi aussi, bien caché sous ma pelure, une marque d'un amour non consommé... Et il arrive encore parfois que certains mots fassent revivre ce souvenir... Merci pour votre passage ici (et désolée pour le temps que j'ai pu mettre à vous répondre, Blogger me boudait).

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